Geneva International Motor Show: un salon de plus en plus branché.

Alors que le Salon de l’automobile de Genève a fermé ses portes, penchons-nous sur les nouveautés qui y ont été dévoilées en termes de voitures électriques.

Avant de vous inviter à me suivre à la découverte des allées de Palexpo, une remarque préalable: notre pays détient le record de la moyenne mondiale du nombre de chevaux per capita – et je ne parle bien entendu pas d’équidés mais de puissance moteur. D’autre part il n’héberge aucun grand constructeur mondial. Ces deux facteurs conjugués ont fait que, traditionnellement, Genève se veut un salon  de prestige: c’est là que les constructeurs ont coutume de lancer leurs modèles haut de gamme, c’est là aussi que les petites manufactures de luxe s’exposent.

Il est intéressant de noter qu’à l’heure où toutes les marques s’intéressent à la sauvegarde de l’environnement, cette valeur demeure: oui, automobiles de luxe et de sport sont visiblement compatibles avec mobilité douce. Petit passage en revue non exhaustif des nouveautés 100 % électriques – et laissons à d’autres le soin de parler des hybrides.

Commençons par BMW, partenaire du programme Green Class CFF. Le constructeur bavarois dévoile à Genève une version revue de sa i3  dont l’autonomie est poussée de 200 à 300 kilomètres grâce à des batteries plus efficientes. Le «range extender», un petit moteur d’appoint à essence, reste disponible en option.

Du côté de chez Smart, le constructeur dévoile une version électrique de son modèle emblématique ForTwo ainsi que de sa déclinaison à quatre portes ForFour. C’est ce qui se rappelle un vrai retour aux sources: lorsque Nicolas Hayek, feu le patron de Swatch Group, avait lancé l’idée de la Smart, c’est ainsi qu’il l’avait imaginée: petite citadine deux places à moteur électrique! Il avait ensuite cédé son projet au groupe Mercedes. Près de trente ans plus tard, l’histoire lui donne raison. Il y a un peu d’ADN suisse là-dedans…

L’aspect ludique est présent chez la plupart des constructeurs. Volkswagen a par exemple choisi de ressusciter son fameux bus des années 50 sous le nom d’I.D Buzz. Couleurs pastel, portes coulissantes, tout y est, mais propulsé par un moteur électrique. Ce sont les surfeurs californiens qui vont être contents!

N’oublions pas la Suisse: la marque Rinspeed, sise à Zumikon, a développé le concept Oasis. Cette citadine biplace électrique peut se mouvoir de manière autonome. Elle se prête donc à l’autopartage après avoir été réservée en ligne. Son volant peut se replier pour se transformer en petite table ou en clavier et elle dispose même d’un petit «jardin de bord»! Plus vert, tu meurs.

La palme du projet le plus avant gardiste revient toutefois sans conteste à Airbus. Le constructeur aéronautique s’est associé au designer italien ItalDesign pour présenter Pop.Up. Ce concept de voiture volante 100 % électrique est capable de troquer ses roues contre des hélices pour prendre son envol. Grâce à une application, son utilisateur n’aura qu’à indiquer sa destination. Le trajet sera ensuite optimisé entre la route et le ciel pour savoir quel moyen est le plus rapide. Pop.Up. est même capable de s’arrimer à un train ou à un metro si ça doit lui permettre d’arriver plus vite à destination!

Précurseur en termes de véhicules électriques, Renault est l’un des constructeurs vendant aujourd’hui le plus de voitures de ce type grâce à ces modèles Twizy ou Zoé. Pour ce salon, les ingénieurs se sont lâchés en proposant une Zoé bobybuildée et survitaminée de près de 400 chevaux ainsi qu’un prototype de coupé sport radical, la Trezor, capable d’un 0 à 100 km/h en 4 secondes seulement et dotée d’une seule porte s’ouvrant verticalement…

Et puisqu’on parle de sport, connaissez-vous Quant, Dendrobium ou Rimac? Non? Et bien ce sont tous de nouveaux venus parmi les constructeurs de voitures de sport, présentant des supercars dont la puissance tourne autour des 1000 chevaux… La vague verte semble redistribuer les cartes et permettre à de jeunes start up de venir concurrencer les grands constructeurs, à l’enseigne de ce que Tesla est en passe de réussir. Son Model 3 dont le prix est fixé à 35’000 Dollars a déjà été précommandé à des centaines de milliers d’exemplaires – alors qu’il n’arrivera sur le marché qu’en fin d’année prochaine.

De façon générale, ce Salon vient confirmer la tendance: c’est tout le segment du luxe qui semble vouloir se mettre au vert. Il faut dire que les nouvelles réglementations sur les émissions de CO2 poussent les constructeurs à innover et à abandonner progressivement les motorisations conventionnelles. La combinaison de plusieurs types de locomotion – route, rail, et même les airs – semble se dessiner comme étant la solution à long terme.

Une constatation s’impose: oui, automobiles premium sont visiblement compatibles avec mobilité douce. Et quand j’y pense, en mariant abonnements première classe et automobiles BMW, les CFF ont bien anticipé cette tendance en proposant l’abonnement Green Class CFF.

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