Dolce Vita tessinoise.

Texte et photos: Bernard Pichon

Heureusement préservées, certaines vallées du sud des Alpes proposent aujourd’hui un tourisme de rêve, mêlant confort et tradition locale.

Le Tessin constitue une destination idéale pour un week-end prolongé ou une escapade plus ambitieuse, le temps d’explorer au moins deux de ses plus belles vallées. Oui, mais la première chose qui vient à l’esprit quand on imagine s’y rendre par la route, c’est sans doute le risque d’embouteillages. Alors pourquoi ne pas emprunter le train, via le célèbre tunnel du Gothard ?

On vise Locarno, et l’aventure commence sur les hauteurs de la ville, où s’ouvre la vallée Onsernone, avec ses villages de granit accrochés à des pans de verdure.

Première escale à Loco, dont le touchant musée restitue d’une manière simple une vie qui, il n’y a pas si longtemps encore, ne l’était qu’en apparence.

Deuxième arrêt à Berzona, un hameau au cachet irrésistible, avec ses jardinets en terrasses. Une ardoise accrochée à la vigne vierge rappelle la simplicité des délices locaux : Prosciutto, Salame, Salametti, Formaggini…L’isolement de ces maisons attira au début du siècle passé écrivains, peintres et sculpteurs, tels Max Ernst ou Max Frisch.

Dernière étape : Comologno, presque au fond de ce val sans issue, et point de départ d’innombrables randonnées vers de beaux alpages – comme celui de Salei.

Le village s’enorgueillit de sa Barca, un imposant palais rural édifié par l’un de ces immigrés revenus au pays « le cul cousu d’or ». Il doit sans doute son nom au fin bateau d’ivoire, fleuron de la collection d’antiquités qu’il renferme. Tout près, une autre de ces demeures de nantis : l’ancien Palazzo Gamboni, acquis par la bourgeoisie du lieu, qui en a fait un adorable hôtel de charme.

 

Maggia magique.

Alternative : le Val Maggia (qui se divise à Bignasco en Val Bavona et Val Lavizzara). Quand Locarno souffre de la canicule, c’est ici que les citadins viennent s’asperger. Et on les comprend : quoi de plus ludique que ces vasques sauvagement taillées dans la roche par l’impétueux torrent ?

Ponte Brolla
Ponte Brolla

On s’arrête à Maggia pour y photographier les fresques du XVIIIème siècle. de la très ancienne église Santa Maria delle Grazie. Puis à Cevio, où la demeure seigneuriale décorée d’écussons et un riche hôtel particulier témoignent de l’importance historique du chef-lieu.

Cevio
Cevio

Plus haut encore, l’itinéraire serpente jusqu’à sa division en deux embranchements, dont l’exploration minutieuse enchante les randonneurs : comment ne pas tomber amoureux du plus haut village tessinois ? A Bosco Gurin (1’507 m), tout suscite l’étonnement : maisonnettes fleuries, fontaines, oratoires…jusqu’au dialecte germanique adopté par les descendants locaux des Walser !

Campo
Campo

Sur la route du Val Lavizzara, nouvel arrêt à Peccia, une localité fière de ses carrières de marbre blanc, décliné en douze variétés.

Si l’église de Mario Botta a rendu célèbre le hameau voisin de Mogno, elle y a aussi soulevé d’injustes polémiques. Dans ce simple puits de granit aux strates alternées, propice au recueillement, l’architecte a confié l’éclairage à la lumière naturelle. Cela n’élève-t-il pas l’esprit ?

Mogno_05
Mogno

 

Offres à rabais des CFF : www.cff.ch/tessin

 

ProfilFemmeCet article de Bernard Pichon est paru dans le magazine Profil, actuellement en kiosque.
 
 
 
 
 

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